lundi 20 août 2012

La désillusion de Julien Absalon


Voilà 4 ans que le double champion olympique préparait cette course de Londres. Avec son entraîneur Gérard Brocks, tout était calculé pour être au top le jour J, c'est à dire le 12 Août 2012.
Comme pour Pékin 4 ans plus tôt, les repérages du circuit olympique ont été d'une minutie rare afin de reconstituer chez lui un circuit similaire. Ceci permettant de s'entraîner et de progresser en fonction des spécificités de ce tracé atypique. Comme l'explique son entraîneur, Julien a dû régresser dans certains domaines pour progresser dans d'autres afin d'être physiquement préparé directement pour la performance sur CE circuit.
Bref, mis à part un léger accro dans sa préparation à Val d'Isère, tous les voyants étaient au vert pour réussir une grande et belle course.

OUI mais voilà...

Après une vingtaine de minutes de course, on voit Julien à la peine dans une bosse avec une roue arrière qui flotte dans tous les sens ! Ok, c'est mou, c'est crevé, c'est mort pour l'Or !!! Le temps de rejoindre une zone technique et de changer la roue, les fusées de devant ont déjà plus de 55 secondes d'avance...un boulevard à ce niveau. La victoire et le podium ne sont plus à porté de fusil ! Et là, on peut me parler d'olympisme, de patriotisme, d'éthique sportive, de respect des spectateurs, de hargne, d'honneur, d'abnégation mais je n'en démordrais pas : quand on est tenant du titre, préparé uniquement pour gagner et/ou se battre avec les meilleurs et qu'on se retrouve 25ème à 1 minute de la tête de course ; le mental lâche totalement !!! "Julien n'est pas un robot" souligne G.Brocks. Et, en effet, Julien, l'homme, abandonne...
Très digne, il ira répondre aux questions des journalistes sans cacher son énorme déception. Il le fera même avec le sourire aux journalistes anglais... Je connais des sportifs qui ne seraient pas aussi "classe" dans des moments comme celui-ci !



Personne n'est en mesure de porter un jugement sur sa décision d'abandonner lors de cette course. Nous ne pourrons jamais nous mettre réellement dans la situation psychologique qui était la sienne ce dimanche 12 Août 2012.
Ce qui me gêne profondément, c'est la faculté qu'ont les gens à écorner l'image d'un champion après un tel revers. Je ne parle pas des journalistes, qui ont tout simplement arrêté de parler de lui dès le lendemain de la course ! Je parle plutôt des "forumeurs" qui discutent sur les sites sportifs et/ou Vttistiques et qui ont un sens assez aigüe de la connerie ! Pour certain, on a l'impression que l'idole d'hier est le mec à bannir aujourd'hui. Ca me rappelle un peu ces personnes qui se disent "supporters" d'une équipe quand celle-ci gagne et qui l'égratigne dans tous les sens dans les moments plus difficiles. C'est pourtant le sport et quand on l'aime, on doit accepter les victoires mais surtout les défaites. J.Absalon le fait très bien, les soi-disant supporters...pas vraiment ! J'imagine que ces nombreuses critiquent émanent de personnes qui n'ont jamais été confronté à des problématiques de résultats sportifs.

Maintenant, la déception s'estompant, il va falloir qu'il trouve d'autres objectifs...
Tiens, v'la les mondiaux dans 3 semaines. Dernière grosse course de Julien Absalon sous les couleurs Orbéa.
Ensuite, ce sera la firme BMC avec un nouvel air, un nouvel élan et de nouveaux objectifs à accomplir. La carrière de Julien Absalon est immense et, à n'en pas douter, elle va continuer à s'étoffer...

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